Le côtes-de-provence

Le côtes-de-provence est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur une vaste partie du vignoble de Provence, principalement dans le département du Var, dans une partie des Bouches-du-Rhône et même sur la petite commune de Villars-sur-Var des Alpes-Maritimes...

Le nom de l'appellation peut être complété depuis 2005 par les dénominations géographiques Sainte-Victoire (dans les Bouches-du-Rhône) et Fréjus (dans le Var), et depuis 2008 par la dénomination La Londe (dans le Var).

Mais, contrairement à ce que l'on pense trop souvent, les Côtes de Provence ne sont pas produits sur toute la superficie de la Provence. Seuls 18 000 ha, soigneusement délimités, ont droit à l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC).

Antiquité
Le littoral provençal a été colonisé par les Grecs : vers -600, les Phocéens s'installent à Marseille (en grec, Massalia; en latin, Massilia). Ils essaiment à Nice (Nikaia), Antibes(Antipolis), Hyères (Olbia), Six-Fours (Tauroeis), Arles (Arelate), Agde (Agathé), et au sud de Nîmes. Antérieurement la région était peuplée de Celtes appelés aussi Ligures ou Celto-Ligures .

C'est lors de la création de Massalia que les Phocéens implantent la vigne dans la Gaule celtique, les vignobles étant circonscrit à d'étroits espaces proches du littoral. Ce qui a été confirmé par la découverte des premiers vignobles hellénistiques à Saint-Jean-de-Garguier, dans les Bouches-du-Rhône .

Laurent Bouby explique  : « Au 1  millénaire avant notre ère, avec la colonisation phocéenne à Marseille et le dynamisme commercial des civilisations méditerranéennes (étrusques, grecques et phénico-puniques), la production et les échanges de vins explosent dans l’Ouest méditerranéen. On devine aisément la suite : des millions d’hectolitres de vins inondent le monde gaulois » .

Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »

Moyen Âge
Passées les grandes invasions, les abbayes provençales de Saint-Victor, à Marseille, de Saint-Honorat, dans l'île de Lérins, puis du Tholonet, vont reconstituer et développer le vignoble .

Le bon Roi René , angevin de naissance et provençal de cœur, affectionnait les vins de Provence. Sous l'impulsion d'Éléonore de Provence, qui deviendra Reine d'Angleterre par son mariage avec Heny III, ils s'imposèrent même à la Cour d'Angleterre .

Période moderne
Aux XVII  et XVIII  siècles, « les friands vins de clérets de la Provence » furent très appréciés à la Cour de France, où leur notoriété bénéficia de la plume de Madame de Sévigné qui effectuait de fréquents séjours à Entrecasteaux.

Le vignoble, déjà connu en 1848 sous le nom de Côtes de Provence, a dû être reconstruit au début du XX  siècle après la crise phylloxérique.

Période contemporaine
Grâce aux efforts de quelques pionniers, un nouveau pas est franchi en 1951 avec l’accession en VDQS « côtes-de-provence ». L’aire géographique comprenait alors 42 communes. Elle sera agrandie par deux arrêtés, puis l’accession en AOC par le décret du 24 octobre 1977 portera le nombre de communes de l’aire géographique à 84.

Entretemps, un classement interne à l'appellation fit l'objet d'un arrêté ministériel promulgué en juillet 1955. Il homologuait un classement par crus à l'intérieur de l'appellation vin délimité de qualité supérieure, ce qui fit bondir dans le vignoble bordelais. Ce furent 23 domaines - sur les 300 existant à l'époque - qui bénéficièrent de l'autorisation de mentionner cru classé sur leurs étiquettes .

Actuellement, ce sont dix-huit domaines qui continuent à revendiquer ce classement après la disparition du Clos de la Bastide verte (La Garde), du Domaine de la Grande Loube (Hyères), du Clos du Relais, (Lorgues), du Coteau du Ferrage, (Pierrefeu) et du Domaine de Moulières, (La Valette) .

Étymologie
La Provence doit son nom à l'époque romaine qui la connaissait comme Provincia (une des nombreuses provinces romaines). Elle fit partie de la Gaule transalpine (c'est-à-dire au-delà des Alpes, pour les Romains), rebaptisée Gaule narbonnaise (du nom de la capitale de la province romaine, Narbonne) au I  siècle avant notre ère. 

Vignoble
Le vignoble s'étend sur 84 communes qui se situent dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que dans une commune du département des Alpes-Maritimes. C’est l’appellation la plus étendue des appellations provençales.

Vins blancs
Vinification classique et vinification sur lies fines.
Œil : jaune pâle, brillante à reflets verts.
Nez : floral (fenouil, acacia, genêt) fruité (agrume, citron, pamplemousse) ou balsamique (résine).
Bouche : structurée et charpentée avec finale fraîche.

Vins rouges
Vinification classique avec macération plus ou moins longue, ainsi que vinification par macération carbonique.
Œil : pourpre à reflets violets.
Nez : notes fruités (fruits rouges) ou végétales (laurier, romarin, tabac) évoluant vers le fruit noir, des notes épicées (réglisse, cannelle) ou animales (fourrure, venaison). 

Vins rosés
Vinification : pressurage direct, macération à froid, saignée.
Œil : palette large du rose pale au rose franc, orange clair, rose saumon, pivoine.
Nez : la diversité est le reflet de la mosaïque des terroirs : fruité, floral (thym, aneth, tilleul), végétal (menthe, tabac), empyreumatique (pierre à fusil), balsamique (écorce de pin).
Bouche : frais mais pas acerbe, fondu mais pas chaud, rond, souple et structuré mais pas astringent. Tout l’art consiste à trouver cet équilibre délicat.

Crus classés des Côtes-de-Provence
Le vignoble de Provence a bénéficié, en 1955, d'un classement récompensant les domaines les plus rigoureux. Parmi les 23 domaines classés à l'origine, 18 bénéficient de l'appellation "Cru Classé" des Côtes de Provence. 

Il s'agit de :

Château de Brégançon, Domaine du Noyer, Clos Cibonne, Château du Galoupet, Domaine du Jas d'Esclans, Château de Mauvanne, Château de la Clapière, Domaine de la Croix, Château Minuty, Clos Mireille, Château de l'Aumérade, Domaine de, Rimauresq, Château Roubine, Château Sainte-Marguerite, Château de Saint-Martin, Château Saint-Maur, Château Sainte-Roseline, Château de Selle, Ont disparu : Clos de la Bastide verte (La Garde), Domaine de la Grande Loube (Hyères), Clos du, Relais, (Lorgues), Coteau du Ferrage, (Pierrefeu) et Domaine de Moulières, (La Valette).

Texte et photo sous licence CC BY-SA 3.0. Contributeurs, ici. Photo : Georges Seguin.


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