Hamap en Irak

« Nous avons au cours des 8 premiers articles, essayé de vous expliquer la genèse d’une ONG, créée par des bénévoles qui souhaitaient rendre à la banque du bonheur ce qu’elle leur avait prêté. Vous avez aussi compris comment notre ONG Hamap-Humanitaire est passé des mines à l’eau, à l’éducation et à la santé. Mais nous ne délaissons pas la formation au déminage pour autant. »

« Depuis 2014, l’Irak est confronté aux offensives du groupe État islamique (EI), à l’ouest et au nord de son territoire, semant la terreur sur son passage en massacrant ou chassant par dizaines de milliers les minorités locales et plus particulièrement les chrétiens d’Orient.

Les affrontements qui se sont déroulés depuis cette date, ont provoqué de nombreux mouvements de population. Ainsi, fin 2015, on dénombrait plus de 3,2 millions de personnes déplacées enregistrées et près de 250.000 réfugiés syriens en Irak. Aujourd’hui, plus de 900.000 personnes déplacées se trouvent encore dans la région du Kurdistan irakien et ne peuvent rentrer dans les villes libérées en raison de la menace présentée par les mines et les engins explosifs improvisés (EEI).

Ces EEI sont des engins explosifs de circonstance, appelés également en anglais improvised explosive device (IED). Ce sont des pièges qui existent depuis la création de la poudre. Vous décrochez un téléphone, vous ouvrez un réfrigérateur, vous retournez un cadavre, vous récupérez un fusil ou vous marchez tranquillement sur une route et c’est l’explosion qui souffle tout sur son passage, semant la terreur et la désolation. Ces pièges explosifs sont réalisés à partir d’obus récupérés sur le terrain, voire d’explosifs réalisés à partir d’engrais chimiques mélangés avec d’autres substances qui, mis en contact, provoquent une réaction explosive. Ils peuvent être déclenchés par des moyens mécaniques (fils à traction, relâchement de pression, fils électriques dénudés mis en contact) ou par des moyens électroniques (déclenchement par téléphone mobile, circuits imprimés). L’innovation n’a pas de limite.

Ces EEI aggravent la pollution par les mines et les restes explosifs de guerre (REG), hérités des précédents conflits armés qui ont ensanglanté le pays. Selon les estimations de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Irak (MANUI), chaque mois, sur un total de plus de 1 000 blessés parmi les populations civiles d’Irak, 324 accidents en moyenne sont causés par les EEI.

Dans la région du Kurdistan irakien et de la plaine de Ninive, plus particulièrement ciblée par le projet, le retrait des troupes de DAESH laisse des pans entiers du territoire contaminés par des mines et des EEI. A ce jour, seule une infime partie des agglomérations affectées a pu être déminée. Le reste demeure une menace permanente pour de nombreuses communautés et empêche les populations déplacées de retourner dans leur ville d’origine.

Dans les régions du nord de l’Irak, dépendant du Gouvernement Régional Kurde (KRG), les opérations de déminage sont officiellement confiées à deux entités. La première est l'Agence du Kurdistan Irakien d’Action Antimines (IKMAA) qui gère les opérations de déminage humanitaire mises en œuvre par des opérateurs civils, non étatiques tels que les ONG et entreprises commerciales internationales. La seconde est l’armée kurde (Peshmergas). Ces derniers disposent d’un très faible nombre de spécialistes en déminage et d’un niveau d’équipement absolument pas compatible avec la complexité et la dangerosité des tâches qui leurs sont confiées.

Compte tenu de l’ampleur de la contamination et de la faiblesse des moyens en place, il est urgent, en complément des efforts à destination des autorités de Bagdad, d’aider le gouvernement régional kurde à renforcer ses capacités dans le domaine NEDEX (neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) afin de se doter des compétences et des équipements en quantité suffisante pour pouvoir éliminer, dans des délais acceptables et en sécurité, les engins explosifs improvisés et les autres restes explosifs de guerre découverts sur les zones récemment libérées.

C’est alors qu’Hamap-Humanitaire va intervenir et vous le découvrirez lors de notre prochain article.

Si vous n’avez pas lu les 8 premiers articles vous pouvez les retrouver sur le site de HaOui en cliquant ici, http://www.haoui.com/recherche-haoui-articles.php?recherchearticles=hamap. Vous pouvez également, à tout instant, nous rejoindre sur notre site www.hamap-humanitaire.org pour vous inscrire, prendre connaissance de notre actualité, voir les projets que nous mettons en œuvre et soutenir notre ONG Hamap-Humanitaire.

Parfois il est plus important de faire circuler une information, car lorsque nous recherchons des médecins et des infirmières (iers), c’est les membres du réseau HaOui qui nous aident à les rencontrer. »

Joël Kaigre, fondateur d'Hamap.

http://hamap-humanitaire.org


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