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Le siècle de notre métamorphose


Dans Le siècle de notre métamorphose, Amin Maalouf examine les bouleversements qui redessinent déjà la condition humaine. Intelligence artificielle générative, biotechnologies, génie génétique, énergies renouvelables et dérèglement climatique composent, selon lui, une transformation d’une nature inédite. Face à cette évolution exponentielle, nos systèmes politiques restent prisonniers d’une vision ancienne d’une humanité divisée en groupes rivaux. L’essai interroge la possibilité d’un nouvel universalisme et d’un récit commun pour orienter l’avenir.

Couverture du livre

Plus qu’une accélération

Le point de départ de l’essai est un changement de perspective. La période actuelle ne serait pas seulement celle d’un progrès scientifique devenu plus rapide. Elle marquerait une métamorphose, c’est-à-dire une modification profonde de la place de l’homme dans l’univers et des conditions mêmes de l’avenir humain. Cette différence de nature impose, pour Amin Maalouf, de déplacer le regard : il ne s’agit plus simplement d’accompagner des innovations successives, mais de comprendre la transformation d’ensemble qu’elles composent.

L’intelligence artificielle générative occupe une place majeure dans cette réflexion. Elle figure parmi les principaux vecteurs d’une évolution qui touche à la manière dont les sociétés produisent, transmettent et organisent le savoir. Les biotechnologies et le génie génétique appartiennent au même mouvement, en ouvrant une interrogation sur ce que l’humanité pourra modifier, réparer ou transformer dans le vivant. À ces avancées s’ajoutent les énergies renouvelables et le dérèglement climatique, qui constituent un autre volet essentiel de la métamorphose décrite par l’auteur.

Le retard des sociétés

À travers ces différents domaines, Amin Maalouf met en évidence un décalage croissant. Les progrès scientifiques avancent à un rythme exponentiel, tandis que les sociétés humaines et leurs institutions continuent de fonctionner selon des représentations anciennes. Le problème n’est donc pas uniquement technique. Il concerne aussi la gouvernance, les cadres politiques et les idées à partir desquelles les humains se représentent leur destin commun.

L’auteur estime notamment que l’image d’une humanité composée de tribus distinctes et rivales est devenue obsolète, inopérante et dangereuse. Elle ne correspond plus à un monde où les transformations technologiques et les bouleversements climatiques dépassent les frontières. Elle risque surtout d’empêcher les sociétés de penser ensemble des évolutions qui engagent l’avenir de l’espèce humaine dans son ensemble.

Quel récit pour l’avenir ?

La question centrale du livre est dès lors politique et intellectuelle : comment orienter cette métamorphose plutôt que la subir ? Amin Maalouf pose la nécessité d’élaborer un nouvel universalisme, ainsi qu’un nouveau récit fondateur capable de donner une direction commune à l’humanité. Il ne s’agit pas d’effacer les différences, mais de dépasser une logique de rivalité devenue impropre aux défis du présent.

Cette recherche prolonge les préoccupations qui traversent plusieurs essais de l’auteur, notamment Le dérèglement du monde, Le naufrage des civilisations et Le labyrinthe des égarés. Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Amin Maalouf y poursuit une réflexion sur les déséquilibres historiques, les relations entre civilisations et les choix collectifs qui engagent l’avenir. Avec ce nouveau livre, il élargit cette interrogation à l’échelle technologique et planétaire. Selon le texte de présentation, la réponse à cette question du récit commun devra être tranchée avant le milieu du XXIe siècle.

Essai de Amin Maalouf, aux éditions Grasset. Parution le 14 octobre 2026. Prix : 20,90 €.

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