Le PIB français est resté stable au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,2 % au trimestre précédent, selon les résultats détaillés de l’Insee publiés le 28 août. L’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année se limite désormais à 0,3 %. La consommation des ménages a légèrement rebondi, mais l’investissement continue de reculer. Le commerce extérieur soutient l’activité, sans compenser totalement la faiblesse de la demande intérieure et la dégradation du pouvoir d’achat.

L’économie française n’a pas progressé au printemps. Selon les résultats détaillés publiés par l’Insee le 28 août 2026, le produit intérieur brut est resté stable au deuxième trimestre, après un recul de 0,2 % au premier trimestre. Cette nouvelle estimation corrige nettement le premier chiffre publié fin juillet, qui faisait état d’un rebond de 0,2 % entre les deux premiers trimestres de l’année.
La révision modifie la lecture de la conjoncture française. L’activité ne s’est pas redressée au deuxième trimestre et l’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année 2026 s’établit désormais à 0,3 %. Autrement dit, si le PIB restait inchangé jusqu’à la fin de l’année, la croissance annuelle atteindrait ce niveau. Pour les dirigeants de TPE et de PME, ce résultat confirme un environnement marqué par l’attentisme, la faiblesse de l’investissement et une consommation encore fragile.
Le début d’année avait été plus difficile qu’annoncé. Le PIB s’était replié de 0,2 % au premier trimestre, alors que l’estimation initiale faisait état d’une baisse limitée à 0,1 %. La stagnation enregistrée au deuxième trimestre ne permet donc pas de retrouver une dynamique suffisamment solide pour soutenir la croissance annuelle.
La Banque de France avait déjà révisé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 % dans ses projections de juin, contre 0,9 % auparavant. Cette prévision reste supérieure à l’acquis actuellement mesuré par l’Insee, car elle suppose une reprise de l’activité au second semestre. L’écart illustre l’incertitude qui entoure encore la trajectoire économique française: l’acquis est un indicateur comptable, tandis qu’une prévision intègre les évolutions attendues des prochains trimestres.
La production totale de biens et de services a toutefois progressé de 0,3 % au deuxième trimestre, après une stabilité au trimestre précédent. Cette hausse n’a pas suffi à entraîner l’ensemble de l’économie, notamment en raison du recul de plusieurs composantes de la demande.
La consommation des ménages a augmenté de 0,3 % au deuxième trimestre, après une baisse de 0,3 % au trimestre précédent. Ce rebond reste limité et ne traduit pas encore un redémarrage franc de la demande. Les dépenses des administrations publiques ont, pour leur part, progressé de 0,4 %, après 0,3 % au premier trimestre.
Le pouvoir d’achat apporte un éclairage moins favorable. Le revenu disponible brut des ménages en euros courants a augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre, mais les prix de la consommation ont accéléré de 1,0 %, après 0,6 %. En conséquence, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut a reculé de 0,5 %. Rapporté à une unité de consommation, il a diminué de 0,6 %, après une baisse de 0,2 % au premier trimestre.
Le taux d’épargne des ménages s’est établi à 17,2 %, contre 17,9 % au trimestre précédent. Cette baisse traduit à la fois l’accélération de la consommation et la dégradation du pouvoir d’achat. Pour les entreprises exposées au marché intérieur, ce contexte peut limiter la capacité des ménages à augmenter leurs achats, en particulier pour les biens et services non essentiels.
La formation brute de capital fixe a reculé de 0,3 % au deuxième trimestre, après une baisse de 0,8 % au premier. L’investissement reste donc une source de faiblesse pour l’économie française. Le repli concerne notamment les services marchands, dont l’investissement a diminué de 0,6 %, et la construction, en baisse de 0,2 % après un recul de 2,1 %.
L’investissement des ménages a également diminué de 0,4 %, après une baisse de 1,6 % au trimestre précédent. Celui des administrations publiques s’est contracté de 1,1 %, après un recul de 1,4 %. À l’inverse, l’investissement des entreprises non financières a légèrement progressé de 0,1 %, après une baisse de 0,5 % au premier trimestre. Cette amélioration reste trop modeste pour constituer un véritable mouvement de reprise.
Dans ce cadre, les décisions d’équipement, de recrutement ou d’extension peuvent continuer d’être reportées. Les petites entreprises demeurent particulièrement sensibles à l’évolution des commandes, au coût du financement et à la visibilité offerte par la demande.
Le commerce extérieur a constitué le principal soutien de l’activité au deuxième trimestre. Les exportations ont progressé de 2,9 %, après une baisse de 3,0 % au trimestre précédent. Le rebond a notamment été porté par l’aéronautique. Les importations ont également augmenté, mais plus modérément, de 1,1 % après une baisse de 0,6 %.
La contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB a ainsi atteint 0,6 point, après une contribution négative de 0,9 point au premier trimestre. Ce soutien masque cependant une situation moins favorable de la demande intérieure. La demande intérieure finale hors stocks a contribué positivement à hauteur de 0,2 point, tandis que les variations de stocks ont pesé à hauteur de 0,7 point.
Les sociétés non financières ont conservé un taux de marge de 31,5 % de leur valeur ajoutée au deuxième trimestre, comme au trimestre précédent. Cette stabilité intervient après une période de dégradation et ne signifie pas que les tensions ont disparu. La faiblesse de la demande, le coût des intrants et les conditions de financement continuent de peser sur les arbitrages des entreprises.
L’emploi salarié est lui aussi resté quasiment stable au printemps, avec une baisse de 0,1 %, soit 23 500 emplois en moins. Dans ce contexte, la France aborde la seconde moitié de 2026 avec une croissance acquise limitée et une reprise qui reste à construire. Pour les dirigeants, la prudence devrait rester de mise dans les budgets, les recrutements et les projets d’investissement, tant que la consommation et l’activité intérieure ne montrent pas de signes plus convaincants.
Pour mesurer l’impact de cette croissance limitée sur vos budgets et votre trésorerie, des experts-comptables :
75008 - LJ CONSEILS http://www.expert-comptable-paris-8.eu