Haoui.com

Trésorerie : le risque numéro un des TPE-PME


Les défaillances d’entreprises restent à un niveau élevé en France, malgré un ralentissement de leur progression. En 2025, 68 602 procédures ont été ouvertes, soit une hausse de 3,6 % sur un an, selon la Banque de France. Pour les TPE-PME, la fragilité se joue moins dans les seuls résultats annuels que dans la capacité à absorber les décalages de paiement, le coût du crédit et les baisses d’activité. La trésorerie devient ainsi l’indicateur à surveiller au quotidien.

Illustration de l’article

Les défaillances d’entreprises ne refluent pas encore. En 2025, 68 602 procédures ont été ouvertes en France, selon la Banque de France. Le rythme de progression s’est toutefois modéré: il atteint 3,6 % sur un an, contre 17,7 % en 2024. Le niveau reste néanmoins supérieur de 15 % à la moyenne observée entre 2010 et 2019. Pour les dirigeants de TPE et de PME, cette situation rappelle une règle simple: une entreprise peut être rentable sur le papier et se retrouver en difficulté si elle ne dispose pas de liquidités suffisantes au moment où ses échéances arrivent.

Un niveau de défaillances toujours élevé

Les données disponibles montrent que la normalisation observée après la crise sanitaire n’a pas ramené les procédures collectives à leur niveau d’avant-crise. La Banque de France recensait 68 227 défaillances cumulées sur douze mois à fin septembre 2025. Les chiffres sont révisés au fil de l’enregistrement des jugements, mais la tendance générale demeure claire: les procédures restent nombreuses dans plusieurs catégories de PME et dans la plupart des secteurs.

Le commerce concentre une part importante des difficultés. Selon l’Insee, 13 900 défaillances y ont été enregistrées en 2025, un volume quasiment stable par rapport à 2024, avec une hausse de 0,2 %. Cette stabilisation intervient toutefois après trois années consécutives de hausse. Dans les services aux entreprises, l’hébergement-restauration ou encore le transport, la pression reste également forte, avec des modèles économiques très exposés aux charges fixes, aux variations de fréquentation et aux retards d’encaissement.

Le chiffre d’affaires ne suffit plus à rassurer

Pour de nombreuses petites entreprises, le premier signal d’alerte n’est pas nécessairement la baisse du chiffre d’affaires. Il peut s’agir d’un allongement des délais de paiement, d’une facture importante qui n’est pas réglée, d’un stock qui immobilise du cash ou d’un renouvellement de financement qui tarde à être confirmé. Ces événements peuvent dégrader rapidement le solde bancaire, même lorsque l’activité reste soutenue.

Les retards de paiement illustrent ce mécanisme. D’après l’Observatoire du financement des entreprises, ils ont représenté un impact de 15 milliards d’euros sur la trésorerie des TPE-PME en 2023, puis de 13 milliards en 2024. Ces montants ne constituent pas une dette supplémentaire au sens comptable, mais ils mesurent une ressource financière temporairement indisponible. Pour une petite structure, quelques encaissements décalés peuvent suffire à perturber le règlement des salaires, des fournisseurs, des cotisations ou des échéances bancaires.

Le coût du crédit reste un facteur de tension

La question du financement ajoute une contrainte aux entreprises qui doivent renouveler une ligne de trésorerie, financer un investissement ou refinancer une dette existante. La Banque de France indique que les PME et les ETI conservaient, à fin 2025, des fondamentaux globalement solides, avec une trésorerie encore robuste et un endettement maîtrisé. Cette moyenne nationale ne doit cependant pas masquer les écarts entre entreprises.

Les PME les plus fragiles subissent davantage les effets d’un ralentissement de l’activité ou d’une hausse du coût apparent de leur dette. Selon la même analyse, le coût apparent de la dette des PME a continué d’augmenter légèrement en 2025, alors qu’il diminuait nettement pour les ETI. La capacité de remboursement mesurée par la cotation de la Banque de France s’est par ailleurs dégradée. Pour les dirigeants, le sujet n’est donc pas uniquement l’accès au crédit, mais aussi la capacité à conserver une marge de sécurité après paiement des charges financières.

Le suivi hebdomadaire devient indispensable

Dans ce contexte, le pilotage de la trésorerie ne peut plus se limiter à la consultation du compte bancaire ou à l’établissement des comptes annuels. Le suivi doit rapprocher les encaissements attendus, les décaissements prévisibles et les échéances réellement négociées. Une facture émise ne doit pas être confondue avec une facture encaissée, pas plus qu’une commande signée ne garantit une marge disponible à court terme.

Les dirigeants ont intérêt à distinguer les charges incompressibles des dépenses pouvant être reportées, à suivre les principaux clients et à relancer rapidement les créances échues. Le niveau des stocks, les acomptes versés aux fournisseurs et les prélèvements récurrents doivent également être intégrés dans les prévisions. Un tableau de trésorerie actualisé régulièrement permet de repérer plus tôt un besoin de financement et d’éviter d’attendre la rupture de paiement.

Agir avant la rupture de paiement

La difficulté consiste souvent à intervenir au bon moment. Tant que l’entreprise dispose encore de marges de négociation, elle peut discuter avec sa banque, ses fournisseurs ou ses clients, ajuster son calendrier d’investissement et examiner les dispositifs de prévention des difficultés. Lorsque les impayés s’accumulent et que les échéances ne peuvent plus être honorées, les solutions deviennent plus contraintes.

La hausse des défaillances invite donc les TPE-PME à considérer la trésorerie comme un indicateur stratégique, au même titre que le chiffre d’affaires ou la marge. Dans une période où l’activité progresse lentement et où les délais de paiement pèsent sur les liquidités, la visibilité à quelques semaines peut faire la différence entre une tension temporaire et une procédure collective.

Pour sécuriser vos prévisions de trésorerie et anticiper les tensions de paiement, des experts-comptables :

75008 - LJ CONSEILS http://www.expert-comptable-paris-8.eu
78210 - LAWSON ADVISORY https://www.expert-comptable-paris-saclay.fr
91000 - AECA EXPERTISE https://www.expert-comptable-evry.com
91160 - AGEXCO AUDIT EXPERT COMPTABLE https://www.expert-comptable-longjumeau-champlan.com
91300 - GROUPE AUFIGES https://www.expert-comptable-massy.net
91940 - CARDINAL CONSEIL - FINE GESTION https://www.expert-comptable-courtaboeuf-les-ulis.fr
92140 - SHAPEX https://www.expert-comptable-specialiste-retraite-92.com
94440 - SUD EXPERTISE & AUDIT 94 https://www.expert-comptable-villecresnes-94.com