
Personne n’aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéoclub à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA.
Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur rêve américain.
Les success stories m’ont toujours passionné. On n’imagine pas à quel point les grands empires reposent sur une succession d’échecs. Cette persévérance m’amuse, et ces gens-là, qui se lancent à corps perdu dans une aventure à laquelle ils croient plus que tout, et qui y parviennent, me fascinent globalement. Encore plus lorsque cela concerne un ou une Française.
Quand Jean Dujardin a gagné son Oscar, j’étais touché comme s’il l’avait gagné pour moi. Quand Stromae a fait le Madison Square Garden, j’étais fier de lui. À cela s’ajoute le fait que j’ai moi-même pratiqué le basket. En amateur bien sûr, puisque je mesurais moins de 1m70.
Mes rêves de NBA n’avaient donc aucune chance d’aboutir. Je me suis alors intéressé aux Français qui sont partis vivre ce rêve à l’étranger. Or, à chaque fois que je regardais une photo ou une interview de Nicolas Batum ou de Rudy Gobert, j’apercevais toujours ces deux gars derrière eux, toujours les mêmes. J’ai donc entamé des recherches, commencé à lire leur histoire, et me suis aperçu qu’ils s’inscrivaient dans cette lignée...
Ils sont restés complètement à leur place, et étaient plutôt admiratifs d’un monde qu’ils ne connaissaient pas. Quand Jérémy est venu sur le plateau, c’était un jour où l’on avait privatisé l’Hôtel de Crillon. Il y avait des camions partout, des blocages, il n’en revenait pas. Il était déjà ému, mais quand il a vu Raphaël dire son texte, et entendre Jean-Pascal l’appeler Jérémy, je l’ai vu avoir les larmes aux yeux à nouveau. Ils ont été de vrais collaborateurs, aidants quand on en avait besoin, témoins extérieurs le reste du temps, et c’était vraiment parfait.
Oui, parce que ce sont des gens qui viennent socialement de milieux très modestes, et qui n’avaient dès le début pas les moyens. Et encore, je ne raconte pas tout dans le film… Ils étaient dans une situation extrêmement précaire pendant des années, mais toujours contraints de devoir faire bonne figure devant leurs proches et leurs clients, sinon tout se serait effondré.
L’autre aspect indispensable, en plus de l’échec et des dettes, c’était la place de leurs épouses. Hyper impliquées et présentes. Eux-mêmes le disent : sans Aby (la femme de Jérémy) et Fatoumata (la femme de Bouna), ils n’auraient rien pu faire. Aby travaille toujours avec eux d’ailleurs. Et Fatoumata avait un salaire quand Bouna n’en avait pas, et a tenu pendant des années pour leur famille, à éponger les dettes et autres.
Même si Bouna et Jérémy sont les personnages principaux du film, c’était de fait indispensable de donner une place conséquente à Fatoumata et Aby.
Raphaël : J’ai eu la chance de le lire en premier et je me suis empressé d’appeler Jean-Pascal. Quand j’ai lu le scénario, j’ai adoré ce que ça racontait, le message qu’il portait et la trajectoire des personnages. Que ça parle de deux amis qui s’associent et qui ne se lâchent jamais, sans aucun désordre entre eux. J’adore ce que ça raconte de l’abnégation, de la réussite, de l’implication que ça requiert.
Jean-Pascal : Raphaël m’a fait lire le scénario et ce qui m’a vraiment marqué, c’est l’histoire d’amitié et de persévérance. Ça avait l’air d’être mon histoire, même si ça n’est pas dans le même domaine. Cette histoire de personnes qui ne lâchent pas alors qu’elles sont en galère, rien ne prouve que leur entreprise va marcher, et finalement c’est un succès. Et évidemment, j’ai été marqué par l’amitié entre les deux personnages.
Une comédie de Anthony Marciano. Noté 4,4 étoiles sur AlloCiné.