
Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.
Comment est née cette comédie qui se déroule à la Comédie-Française durant les trois heures précédant une première de Macbeth de William Shakespeare ?
Martin Darondeau : Je co-écrivais le programme court Broute avec Bertrand, auquel participait aussi Pauline. Par la suite, nous avons créé un autre programme court pour Pauline : Moitié.e.s. La Comédie-Française connaissait donc déjà notre travail, et lorsque Bertrand Schaaf, directeur de la production, a approché Pauline pour lui demander de réfléchir à un format court autour de la Comédie-Française, nous sommes revenus avec une idée de série autour de l’institution. Nous l’avons proposée à toutes les chaînes, mais le projet s’est enlisé. Nous étions sur le point d’abandonner lorsque les producteurs Mathieu et Thomas Verhaeghe nous ont proposé d’en faire un film.
Bertrand : Il y avait un moment à saisir. Lorsque ce projet était encore une série, Bertrand Schaaf nous avait réservé 5 jours dans la grande salle Richelieu, pour éventuellement y tourner quelque chose. Il nous avait prévenus que cette disponibilité était historique, car la salle est normalement tout le temps occupée en journée pour des répétitions de spectacle. Or, la Comédie-Française étant en travaux en 2026, pas de répétition, on avait une opportunité unique qui n’allait pas se reproduire de sitôt. C’est ce qui nous a donné la motivation d’écrire ce scénario en si peu de temps, 2 mois, et de le tourner encore plus vite, 3 semaines.
Martin Darondeau : Il y avait une vraie envie d’ouvrir les portes d’une institution qui peut apparaître secrète pour les gens, et casser cette image sérieuse que peut avoir la Comédie-Française. Car si cette maison a une vraie mission de conservation et de rayonnement de la culture théâtrale française, ceux qui la représentent n’en restent pas moins des hommes et des femmes d’aujourd’hui, avec leurs soucis, leurs joies, leurs problèmes. C’est un axe de comédie extrêmement efficace surtout si on l’applique à une jeune maman qui a des difficultés à allier sa vie privée et son travail.
Bertrand Usclat : Cela fait pas mal de temps que je connais Pauline et les autres sociétaires. J’étais au Conservatoire avec Benjamin Lavernhe et Adeline d’Hermy (qui joue dans le film), et j’ai souvent eu l’occasion de voir les deux facettes de la Comédie-Française : ce côté sérieux, et même patrimonial, et la capacité qu’ont ces acteurs et actrices incroyables à déconner comme tout le monde. Il y avait un frottement intéressant à montrer. Et puis c’est une arène qui nous faisait rêver. Ce qui a été souvent le cas avec Broute, la shortcom que nous avons créée en 2018, où nous avons choisi des arènes qui nous faisaient envie en essayant de voir ce qu’il y avait de drôle à l’intérieur.
Martin Darondeau : Quand nous avons commencé à réfléchir à la série, nous avons réalisé une dizaine d’interviews de sociétaires et de pensionnaires pour qu’ils nous racontent leur histoire, leur parcours, leurs points de vue sur l’institution, les règles qui la régissent. Cela nous a révélé des dynamiques inconnues du grand public. À la Comédie-Française, il y a des anciens cancres, des timides maladifs, d’autres sont morts de peur à l’idée de monter sur scène, mais tous les soirs, sur les planches, ils doivent se faire passer pour d’autres.
Une comédie de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. Noté 4,2 étoiles sur AlloCiné.