
Pendant près d’un demi-siècle, Joseph James DeAngelo a réussi à échapper aux enquêteurs américains. Son visage n’apparaissait dans aucun dossier, son nom était inconnu du grand public, et il menait une vie parfaitement ordinaire.
Pourtant, derrière cette apparente normalité se cachait l’un des criminels les plus recherchés des États-Unis.
Son arrestation, en 2018, ne doit pas son succès à un nouvel indice classique, mais à une technologie qui n’existait même pas au moment de ses premiers crimes : l’ADN généalogique.
Dans les années 1970 et 1980, Joseph James DeAngelo devient connu sous le surnom du Golden State Killer. Pendant plus de dix ans, il terrorise plusieurs régions de Californie en commettant des dizaines de cambriolages, agressions sexuelles et plusieurs meurtres.
Ancien policier, il connaît parfaitement les méthodes des enquêteurs. Il choisit soigneusement ses victimes, observe leurs habitudes et agit principalement dans des quartiers résidentiels où il pense pouvoir disparaître facilement.
Malgré de nombreuses preuves, dont des traces ADN retrouvées sur certaines scènes de crime, les autorités restent incapables de l’identifier. L’affaire devient alors l’un des plus grands cold cases américains.
Pendant plus de 40 ans, Joseph James DeAngelo échappe à la justice.
En 2018, les enquêteurs décident d’utiliser une méthode encore récente : l’ADN généalogique. Contrairement aux bases ADN classiques utilisées par la police, cette technique permet de comparer un profil génétique avec des bases regroupant des personnes ayant effectué des recherches sur leurs origines familiales.
Les enquêteurs ne trouvent pas directement Joseph James DeAngelo. Ils identifient d’abord des correspondances génétiques avec certains membres éloignés de sa famille, puis remontent progressivement jusqu’à lui.
Après plusieurs mois d’analyse, le suspect est identifié. Son arrestation choque son entourage : depuis des années, il vivait discrètement en Californie, loin de l’image du criminel recherché par les autorités.
L’arrestation de Joseph James DeAngelo marque un tournant majeur dans les enquêtes criminelles modernes. Elle montre qu’une affaire considérée comme impossible à résoudre peut être relancée grâce à une innovation scientifique.
Cette méthode inspire ensuite d’autres enquêtes dans le monde entier, tout en ouvrant un débat sur l’utilisation des données génétiques personnelles dans les investigations.
Condamné en 2020 à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, Joseph James DeAngelo est aujourd’hui incarcéré en Californie.
Son histoire reste l’un des exemples les plus marquants de l’impact de la technologie sur la justice : après avoir échappé aux enquêteurs pendant quatre décennies, il a finalement été retrouvé grâce à une avancée scientifique qui n’existait même pas lorsqu’il a commencé ses crimes.