
En ce début d’année 2026, la croissance reste modérée et les marges sous pression. Pourtant, pour de nombreux dirigeants, la principale fragilité ne vient ni des commandes ni du carnet d’affaires, mais d’un facteur beaucoup plus discret : les délais de paiement.
Selon les dernières données publiées par l’Observatoire des délais de paiement et la Banque de France, le délai moyen de paiement interentreprises en France reste supérieur à 50 jours, malgré un cadre légal fixé à 30 ou 60 jours selon les cas. Dans certains secteurs, les retards effectifs dépassent encore 10 à 15 jours supplémentaires.
Ce décalage, apparemment mineur, peut représenter un enjeu financier considérable.
Prenons un cas concret :
Une PME réalisant 8 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel avec un délai client moyen de 60 jours immobilise en permanence environ 1,3 million d’euros de trésorerie.
Si ce délai dérive à 75 jours, ce sont près de 330 000 euros supplémentaires immobilisés.
Pour beaucoup d’entreprises, cela signifie :
- moins de capacité d’investissement
- recours accru au crédit court terme
- tension sur la trésorerie
- arbitrages défensifs
Le sujet dépasse largement le cadre administratif : il relève du pilotage stratégique.
Les retards ne restent jamais isolés. Lorsqu’une entreprise est payée plus tard, elle reporte à son tour ses propres paiements fournisseurs.
Ce mécanisme en cascade peut :
- fragiliser des sous-traitants
- tendre les relations commerciales
- ralentir l’ensemble d’un écosystème
En période de croissance modérée, cet effet domino devient plus visible.
Plusieurs facteurs expliquent cette tension persistante :
- Normalisation post-crise : fin des aides exceptionnelles
- Conditions de crédit plus sélectives
- Volatilité sectorielle
- Arbitrages de trésorerie chez les grands donneurs d’ordre
Certaines grandes entreprises optimisent leur propre cash au détriment, parfois involontairement, de leurs partenaires. Dans ce contexte, les PME et ETI deviennent les premières exposées.
Le pilotage des délais de paiement ne doit pas se limiter au service comptable. Il doit remonter au niveau de direction.
Voici quatre leviers concrets :
1. Mesurer précisément le DSO (Days Sales Outstanding)
Beaucoup d’entreprises connaissent leur chiffre d’affaires, mais pas leur délai moyen réel de recouvrement actualisé.
Un suivi mensuel est indispensable.
2. Segmenter les clients selon le risque
Tous les retards ne se valent pas, il faut dentifier :
- les clients stratégiques
- les clients à risque
- les comportements récurrents
Cela permet d’adapter les conditions commerciales.
3. Intégrer le délai de paiement dans la négociation commerciale
Accorder un prix plus bas tout en acceptant un délai long peut dégrader la marge réelle. Le délai est un élément de la rentabilité.
4. Professionnaliser le suivi
Relances structurées, facturation rapide, digitalisation, échéanciers clairs.
Un processus solide améliore significativement les délais sans détériorer la relation client.
En 2026, la capacité d’une entreprise à piloter ses délais de paiement devient un marqueur de solidité.
Dans un environnement économique plus exigeant, la performance ne repose plus uniquement sur le chiffre d’affaires, mais sur la qualité de gestion du cycle financier.
Les entreprises qui maîtrisent leur trésorerie disposent d’un avantage concurrentiel concret : elles investissent plus vite, négocient mieux et résistent davantage aux chocs.
Sources : Observatoire des délais de paiement, Banque de France, données conjoncturelles 2025-2026
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