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L’audiovisuel public est-il « progressiste » ?


Au fil des auditions de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, la question d’une ligne éditoriale perçue comme « progressiste » s’est imposée comme un thème récurrent. Les députés ont appuyé leurs interrogations sur des déclarations de dirigeants, mais aussi sur des études précises concernant la sociologie politique des auditeurs et l’orientation des contenus. Ces éléments, cités lors des débats nourrissent une perception devenue centrale dans la discussion parlementaire.

La déclaration d’Adèle Van Reeth explicitement évoquée

Lors de son audition devant la commission, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, a été interrogée sur une déclaration publiée dans Le Figaro le 28 mars 2024. Elle y affirmait :

« Les faits, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons. »

Cette citation a été reprise par plusieurs députés lors des auditions, notamment pour interroger la compatibilité entre une identité éditoriale revendiquée et l’exigence d’impartialité du service public. Adèle Van Reeth a précisé que cette formule renvoyait, selon elle, à une ouverture aux évolutions sociétales plutôt qu’à un positionnement partisan.

Une sociologie politique des auditeurs mesurée par l’Ifop

Parmi les études les plus souvent évoquées figure celle réalisée par l’Ifop pour l’hebdomadaire Marianne, publiée le 17 octobre 2012 sous le titre « Les auditeurs de France Inter sont-ils tous de gauche ? ».

Cette enquête reposait sur un sondage national comparant les préférences médiatiques et les intentions de vote. Elle concluait que :

- 72 % des auditeurs réguliers de France Inter se situent à gauche
- 6 % se situent à droite
- le reste se déclare ni gauche ni droite

Cette étude est régulièrement citée dans le débat public, notamment par des parlementaires lors des auditions, pour illustrer l’homogénéité politique du public.

Le raisonnement avancé est que la sociologie politique d’une audience reflète, au moins partiellement, la ligne éditoriale perçue.

Une analyse plus récente évoquée dans les débats

Une étude publiée le 28 novembre 2025 par l’Institut Thomas More, portant sur les chroniques des matinales de Radio France, conclut à une nette prédominance d’interventions classées à gauche ou progressistes, autour de 60 %, contre environ 15 % classées à droite. Cette analyse a été évoquée dans le débat parlementaire pour illustrer un déséquilibre perçu dans les éditorialistes du service public.

L’étude a été citée dans plusieurs débats parlementaires comme illustration d’une tonalité éditoriale dominante, même si sa méthodologie a été discutée.

Une seconde analyse quantitative citée dans les auditions

Une autre analyse, publiée par l’Observatoire du journalisme (OJIM) en 2018, reposait sur un corpus de chroniques politiques de France Inter. Elle concluait à une répartition comparable :

- 47 % de chroniques classées à gauche
- 14 % à droite
- le reste neutre

Ces travaux ont été évoqués dans les auditions pour illustrer un déséquilibre ressenti dans les éditorialistes.

La déclaration de Delphine Ernotte régulièrement rappelée

Les auditions ont également évoqué une déclaration ancienne mais souvent citée de Delphine Ernotte, prononcée le 3 septembre 2015 devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale :

« Nous avons une responsabilité : faire en sorte que la télévision ne représente pas la France telle qu’elle est, mais telle qu’on voudrait qu’elle soit. »

Cette phrase, prononcée lors de sa prise de fonctions à France Télévisions, a été rappelée par plusieurs députés comme révélatrice d’une vision éditoriale volontariste.

Des émissions structurantes souvent citées

Dans les auditions, plusieurs programmes ont été évoqués comme illustrant la tonalité générale :

C à vous, diffusée sur France 5 a été citée pour la récurrence d’invités issus du monde culturel et académique engagés sur des sujets sociétaux.

C dans l’air a été mentionnée pour la présence régulière d’experts institutionnels et universitaires partageant souvent des analyses convergentes.

Les matinales de France Inter ont été évoquées pour la place importante des chroniques éditoriales et humoristiques, qui contribuent à la tonalité générale de l’antenne.

Plusieurs parlementaires ont notamment évoqué la place importante accordée aux enjeux climatiques, aux questions de diversité, aux discriminations, aux sujets sociétaux.

Une perception nourrie par des éléments convergents

Au cours des auditions, plusieurs députés ont souligné que la perception d’un biais progressiste reposait sur un faisceau d’indices : déclaration assumée de la direction de France Inter, sociologie politique du public mesurée par l’Ifop, analyses quantitatives des chroniques, hiérarchie des sujets, composition des plateaux, choix des experts.

Pris séparément, chacun de ces éléments peut être discuté. Ensemble, ils alimentent une interrogation devenue centrale dans les travaux de la commission : l’audiovisuel public reflète-t-il l’ensemble du pluralisme politique ou une sensibilité dominante ?

À ce stade, la commission n’a tiré aucune conclusion. Et il n’est pas certain qu’elle puisse le faire. Plusieurs facteurs rendent la publication du rapport incertaine. D’abord, les travaux ont pris du retard, en raison du nombre élevé d’auditions et de la sensibilité politique du sujet. Ensuite, les divergences entre membres de la commission sur la question de l’impartialité apparaissent importantes, certains (positionnés à droite) souhaitant dénoncer un biais idéologique, d’autres (positionnés à gauche) refusant toute lecture politique du fonctionnement éditorial.

Dans ce contexte, la question du biais progressiste de l’audiovisuel public pourrait rester ouverte. Mais les auditions auront déjà produit un effet : déplacer le débat de la seule gouvernance ou du financement vers la perception idéologique du service public. Une évolution qui, à elle seule, témoigne du caractère désormais politique de la discussion sur la neutralité de l’audiovisuel public.

Source : Assemblée nationale, cliquer ici

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