
Pendant plus de trois décennies, les enquêteurs français n'ont qu'un surnom, un portrait-robot et une certitude : le même homme est impliqué dans plusieurs crimes particulièrement violents.
Il est appelé « Le Grêlé », en référence aux marques laissées par une forte acné sur son visage. Son identité reste inconnue pendant 35 ans, jusqu'à ce qu'une avancée scientifique mette brutalement fin à l'un des plus grands mystères criminels français.
L'affaire débute en 1986, après le meurtre d'une fillette de 11 ans dans le Val-d'Oise. D'autres agressions et crimes sont ensuite rapprochés du même homme, notamment en région parisienne.
Les victimes sont principalement de jeunes filles et des femmes. Plusieurs témoins décrivent un individu calme, autoritaire et capable de mettre rapidement ses victimes en confiance. Les enquêteurs diffusent un portrait-robot devenu célèbre, mais malgré des milliers de signalements, aucune piste ne permet de l'identifier
Les années passent, les enquêteurs changent, les technologies évoluent, mais le dossier reste ouvert. « Le Grêlé » devient l'un des plus anciens "cold cases" français.
En 2021, les magistrats décident de comparer les traces ADN conservées depuis les années 1980 avec celles d'anciens gendarmes ayant exercé dans les zones concernées.
Un nom apparaît alors : François Vérove.
Ancien gendarme, devenu par la suite policier, il a travaillé dans plusieurs secteurs où les crimes ont été commis. Les enquêteurs s'apprêtent à l'interpeller lorsqu'il disparaît brusquement.
Le 29 septembre 2021, François Vérove est retrouvé mort dans un appartement loué dans le sud de la France. Il s'est suicidé quelques heures avant son arrestation.
À ses côtés, les policiers découvrent une lettre dans laquelle il reconnaît être "Le Grêlé".
L'identification de François Vérove met fin à un mystère vieux de 35 ans et constitue l'une des plus importantes résolutions de "cold case" en France.
L'affaire a inspiré plusieurs documentaires, podcasts et émissions consacrés aux grandes enquêtes criminelles françaises, notamment autour du rôle déterminant de l'ADN dans la résolution des crimes anciens.
Ce dossier reste surtout le symbole d'une vérité troublante : un homme ayant porté l'uniforme de la gendarmerie puis de la police a réussi à vivre pendant des décennies au milieu de ceux qui le recherchaient.
Après trente-cinq ans d'enquête, ce n'est ni un témoignage ni un aveu qui a permis de l'identifier, mais une trace génétique conservée depuis les années 1980. Une preuve silencieuse qui a attendu plus de trois décennies avant de révéler le nom de "François Vérove".