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Gilberto Chamba, le monstre de Machala


Gilberto Antonio Chamba Jaramillo, surnommé le monstre de Machala, est un tueur en série équatorien né en 1963. Condamné pour plusieurs meurtres en Équateur dans les années 1990, il bénéficie d’une amnistie partielle et s’installe en Espagne, où il récidive. Il est finalement condamné à 45 ans de prison en 2006 pour le viol et l’assassinat d’une étudiante, ainsi que pour une tentative de meurtre sur une autre femme.

Une traque macabre dans les rues de Machala

Entre 1988 et 1993, Chamba circule dans Machala, dans le sud-ouest de l’Équateur, au volant de son taxi, ciblant principalement de jeunes étudiantes isolées. D’après plusieurs sources, il n’hésitait pas à relater ses crimes à la police, allant jusqu’à corriger les agents lorsqu’ils tentaient de le confronter à de faux lieux de crime. Son sang-froid et sa précision glaçaient les enquêteurs.

Dans une chronique du quotidien El País, un policier équatorien à la retraite, Fausto Téran, livre un témoignage effrayant. Selon ses déclarations, Chamba n’aurait pas eu de rapports sexuels conventionnels avec ses victimes, mais utilisait un instrument métallique, conçu sur commande, pour les agresser. La brutalité était telle que, chez certaines victimes, l’objet ressortait par la bouche.

Une condamnation partielle, suivie d’une libération anticipée

Chamba est condamné à 16 ans de prison pour le meurtre de dix femmes, dont deux mineures. Le témoignage capital d’une prostituée — l'une des deux survivantes de ses agressions — permet son inculpation. Pourtant, en 1999, après seulement 7 ans d’incarcération, il est libéré grâce à une loi favorisant la libération anticipée pour bonne conduite. Il bénéficie en plus d'une amnistie exceptionnelle à l’occasion du Grand Jubilé.

Un passé effacé, une nouvelle vie en Espagne

Le 9 novembre 2000, après avoir purgé sa peine et fait effacer son casier judiciaire — une procédure possible en Équateur — Gilberto Chamba quitte le pays pour s’installer en Espagne. Il rejoint ses sœurs à Madrid après un passage par Amsterdam.

Il multiplie les petits boulots : maçon, gardien d’immeuble, agent d’entretien. En 2004, il devient préposé au stationnement du centre de loisirs Illa de l’Oci, près de la faculté de droit de Lleida. Il y travaille aussi comme agent de nettoyage dans les cinémas.

Le meurtre de María Isabel Bascuñana

Le 23 novembre 2004, María Isabel Bascuñana, étudiante en droit, gare sa voiture au cinéma, comme à son habitude. Elle ne rentrera jamais chez elle. Son corps est retrouvé deux jours plus tard, étranglé, enveloppé dans des sacs-poubelles, et présentant des signes de viol particulièrement violents.

L’arrestation de Chamba a lieu le 1er décembre. Plusieurs éléments accablants le désignent comme suspect principal. Des amies de la victime affirment qu’il la harcelait régulièrement, prétextant vouloir leur numéro de téléphone en cas de souci avec leur véhicule. D'autres jeunes femmes témoignent avoir reçu des appels obscènes et insistants. Tous ces éléments pointent vers Chamba.

Des indices accablants et une défense fragile

L’enquête révèle que le téléphone de María a été utilisé peu avant et après le crime pour appeler des services de nature sexuelle. Les policiers trouvent aussi, dans sa voiture, des sacs-poubelles identiques à ceux utilisés dans les cinémas où travaillait Chamba.

Son ADN est retrouvé sur le corps de la victime. Acculé, Chamba tente de se défendre en affirmant que la police aurait manipulé un préservatif contenant son sperme pour le faire accuser. Les experts rejettent cette version, confirmant l’adéquation entre les prélèvements ADN et les circonstances du crime.

Lors du procès, les enquêteurs présentent un autre élément clé : une tentative antérieure de viol et de meurtre sur une prostituée roumaine, survenue en Espagne, mais restée impunie. Cette dernière reconnaît Chamba après avoir vu sa photo dans la presse.

Un passé criminel dissimulé

L’accusation établit que Chamba a volontairement caché son passé judiciaire lors de son arrivée en Espagne. Ce n’est qu’après des échanges entre les polices catalane et équatorienne que son passé de tueur en série est révélé. Il avait également omis de mentionner une ancienne infraction liée à la possession d’armes.

Une peine exemplaire

Le 5 novembre 2006, Gilberto Chamba est condamné à 45 ans de prison : 20 ans pour le meurtre de María Isabel Bascuñana, 12 ans pour viol, 13 ans pour tentative de meurtre sur une autre victime.

Il purge actuellement sa peine au module 6 du centre pénitentiaire de Quatre Camins, en Catalogne.

Texte sous licence CC BY-SA 3.0. Contributeurs, ici. Photo : Kai Pilger - Pexels.

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