Suite à la disparition soudaine de sa voisine de chambre, un ancien agent secret, reclus dans un palace de la Côte d’Azur, s’imagine que ses ennemis jurés refont surface. Surtout la redoutable Serpentik, qu’il n’a jamais réussi à démasquer. Oscillant entre présent et passé, il remonte le film de sa vie, au risque de découvrir qu’il n’y tenait pas forcément le meilleur rôle. Et que les diamants sont loin d’être éternels.
Entretien avec les réalisateurs
Nous avons adopté une approche moins linéaire qu’un film de super héros classique ou d’un James Bond car ce sont des archétypes connus de la planète entière ; nous nous sommes permis de dévier un peu pour proposer autre chose. Nous cherchions le côté jouissif de la première vision propre à ce genre de cinéma tout en y superposant une dimension supplémentaire où s’installerait une zone grise, celle du doute, qui invite le spectateur à revisiter le film plusieurs fois pour y trouver de nouvelles clefs. On a construit le récit comme un diamant avec ses multiples facettes, ses multiples grilles de lectures kaléidoscopiques qui changent selon l’angle à travers lequel on le regarde.
Tout est parti de la vision de ROAD TO NOWHERE de Monte Hellman en 2010 dans lequel jouait Fabio Testi. Il nous a fait penser à Sean Connery et son costume blanc nous renvoyait à Dirk Bogarde dans MORT À VENISE de Visconti. C’est à ce moment que nous nous sommes dit : “Pourquoi ne pas imaginer un univers mêlant celui de James Bond avec celui de MORT À VENISE, deux cinémas antithétiques ?”. Au fil des années, au gré des expositions qui nous ont nourris, du monde dans lequel on vit, des lieux qui nous sont familiers, etc…cet univers a pris forme… L’idée n’était pas de faire un hommage mais de développer différents thèmes qui nous touchent en partant de ces univers. Un des premiers thèmes qui nous a inspiré, c’est celui du héros de notre enfance qui n’a pas réussi à sauver le monde. Et qui a même contribué à sa décadence.
Nous avons opté pour l’écriture stéréoscopique, propre à Satoshi Kon (MILLENIUM ACTRESS, PERFECT BLUE). Elle donne une illusion de 3D narrative en déployant le récit à travers différentes strates thématiques. Nous voulions ainsi aborder l’Illusion aussi bien par le biais de la forme que par celui du fond afin de jouer avec la perception du spectateur de manière organique et sensorielle. Cette “illusion”, qui nous empêche de distinguer le vrai du faux, nous habite depuis notre premier film AMER. Jusqu’à présent, nous l’utilisions pour illustrer des fantasmes et susciter le fantastique. Aujourd’hui, cette illusion a une résonnance avec le monde actuel… et trouve aussi un écho dans notre personnage de John âgé dont la mémoire se désagrège... En prépa, nous sommes tombés sur THE FATHER de Florian Zeller et nous nous sommes dit que c’était un peu le même sujet… en version James Bond!
Action, thriller de Hélène Cattet et Bruno Forzani. 3 étoiles AlloCiné.