Gustave Trouvé est un ingénieur électricien et inventeur français né le 2 janvier 1839 à La Haye-Descartes (Indre-et-Loire) et mort le 27 juillet 1902 à Paris. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des inventeurs les plus prolifiques et avant-gardistes du XIXe siècle, bien qu’il soit tombé dans l’oubli après sa mort.
Une jeunesse tournée vers la technique
Issu d’une famille modeste de petite bourgeoisie (son père était marchand de bétail), Gustave commence ses études à Chinon, puis apprend le métier de serrurier. En 1854, il entre à l’École des Arts et Métiers d’Angers, mais sa mauvaise santé l’empêche de terminer ses études. Il part alors à Paris, où il trouve un emploi chez un horloger.
Dès 1865, il installe un atelier dans le centre de Paris et y dépose de nombreux brevets dans le domaine de l’électricité. Il est notamment connu pour avoir inventé une batterie de poche carbone-zinc, qui alimente ses automates miniatures, et qui précède de peu celle de Leclanché.
- Crée un télégraphe militaire portatif à ligne auto-déroulante,
- Développe un détecteur de métal pour localiser les projectiles dans le corps des blessés,
- Améliore le téléphone de Bell avec un micro plus sensible,
- Conçoit le polyscope, un outil médical précurseur de l’endoscope moderne,
- Reçoit une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 pour ses appareils d’électrothérapie.
En 1881, Gustave Trouvé adapte un moteur électrique sur un tricycle anglais, créant ainsi le tout premier véhicule électrique de l’histoire. Faute de brevet, il adapte son invention à un bateau, inventant le moteur de hors-bord. Il présente son bateau électrique lors de l’Exposition internationale d'Électricité, y reçoit une médaille d’argent, puis est fait Chevalier de la Légion d’honneur.
- Une lampe frontale à batterie utilisée par les médecins, les mineurs et les secouristes,
- Des bijoux lumineux pour le théâtre,
- Un projecteur de diapositives éducatif (auxanoscope),
- Un modèle réduit de dirigeable et un oiseau mécanique volant,
- Un fusil électrique à batterie pour la chasse nocturne,
- Un système d’alarme de pêche électrique.
Dans les années 1890, il poursuit ses innovations :
- Développe des fontaines lumineuses électriques pour la maison et les jardins,
- Crée un instrument de musique électrique, une machine de massage, un vélo simplifié et divers jouets scientifiques,
- Travaille sur l’éclairage à l’acétylène face à l’absence de réseau électrique fiable.
En 1902, il met au point un appareil utilisant la lumière ultraviolette pour traiter les maladies de peau. Une blessure mal soignée lors de ces travaux entraîne une infection grave. Amputé, il meurt à 63 ans à l’hôpital Saint-Louis de Paris.
N’ayant pas de famille ni d’héritiers, son atelier est liquidé, ses restes sont placés dans une fosse commune, et ses archives détruites dans un incendie en 1980. Gustave Trouvé tombe dans l’oubli pendant un siècle.
Sa mémoire est ravivée en 2012 grâce à l’historien britannique Kevin Desmond. Deux plaques commémoratives sont inaugurées en 2012 (à Descartes) et en 2016 (à Paris). Une exposition en 2019 célèbre ses 180 ans, et un espace muséal en son honneur ouvre le 15 mai 2024 dans sa ville natale.
Visionnaire et autodidacte, Gustave Trouvé a marqué l’histoire par ses 75 inventions dans les domaines de l’électricité, de la médecine, des transports, et du spectacle. Il fut un précurseur de la technologie portable, un pionnier de l’électromobilité, et mérite aujourd’hui pleinement sa place parmi les grands inventeurs de son siècle.
Texte et photo sous licence CC BY-SA 3.0. Contributeurs, ici.