Haoui.com

Les enfants vont bien


Un soir d'été, Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne. Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu'à la gendarmerie Jeanne comprend qu'aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître et de lui laisser les enfants…

 

Entretien avec le réalisateur Nathan Ambrosioni

Qui est Jeanne, votre héroïne, jouée par Camille Cottin ?

Au début du récit, Jeanne est comme absente à elle-même, elle semble hantée par quelque chose. Ce qui caractérise Jeanne, c’est une préoccupation permanente, un état que Camille a parfaitement incarné. C’est un personnage opaque, auquel on n’a pas facilement accès.

Jeanne n’a pas d’enfant, n’en ressent pas l’envie. Elle se retrouve avec la charge de ceux de sa sœur, avec la nécessité de trouver sa place auprès d’eux, une place éminemment instable dans la mesure où elle ne remplacera jamais leur mère.

C’est ce qu’on lui fait comprendre au cours des rendez-vous administratifs qui jalonnent son parcours.

Parlez-nous de ce choix pour jouer les deux sœurs, Camille Cottin et Juliette Armanet ?

On s’était vraiment très bien entendus avec Camille sur le tournage de Toni, en famille. Camille est vraiment particulière, sensible, à l’écoute... J’avais écrit Toni en pensant à elle, mais sans la connaître, juste à travers l’image publique que ses interviews et ses rôles renvoyaient d’elle.

Donc je n’avais pas complètement accès à elle. Sur le plateau, à force de la côtoyer entre les scènes, je voyais toute sa complexité, et je trouvais ça fascinant. Je me disais : « Il y a plein de choses que j’aurais voulu mettre dans le personnage maintenant que je la connais ». Elle a ce côté préoccupé, toujours en train de penser à quelque chose dans son regard quand on lui parle, et elle ressent tout très fort. C’est pour ça que j’ai écrit un autre film pour elle.

C’était rassurant de construire avec Camille en tête parce que je sais de quoi elle est capable. Je savais ce que j’avais envie d’aller chercher d’elle, comme en faire un personnage moins loquace, dont on ressent les silences. Retravailler ensemble, c’est pouvoir continuer à explorer.

Et Juliette ?

Juliette m’est d’abord venue en tête parce qu’il y a cette ressemblance physique avec Camille. Mais Juliette est aussi très différente de Camille. Le cinéma est nouveau pour elle, elle était très impressionnée d’être sur le plateau.

Elle venait voir des scènes dans lesquelles elle n’apparaissait pas pour voir comment ça se passe ! Je trouvais ça super. Elle donne à Suzanne une vraie fragilité car il se dégage d’elle une véritable candeur aussi. Tout en étant très précise dans ses scènes.

Un film de Nathan Ambrosioni. 4 étoiles sur AlloCiné.

">