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Dossier 137


 

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Interview du réalisateur Dominik Moll

Après la Police judicière dans La Nuit du 12, vous nous plongez avec Dossier 137 dans une enquête de l’IGPN, la police des polices...

Le fonctionnement de l’IGPN m’intrigue depuis longtemps. Précisément parce qu’il s’agit de policiers qui enquêtent sur d’autres policiers, ces hommes et ces femmes sont dans une position inconfortable. Ils sont mal vus, souvent méprisés et parfois détestés par leurs collègues, tout en étant critiqués par certains médias qui leur reprochent d’être juge et partie. Ces tensions m’intéressaient et intuitivement je sentais qu’il y avait des pistes de fictions intéressantes. Comment gère-t-on le fait d’être pris entre deux feux ? Et de devoir enquêter sur des collègues qui ne cachent pas leur animosité ?

Comment vous êtes-vous documenté ?

En fait, il existe peu de documentation sur l’IGPN. C’est une institution qui a longtemps été fermée et même opaque. Elle apparaît peu dans les films ou les livres, ou alors de façon anecdotique et souvent caricaturale. Cette rareté a aiguisé ma curiosité. Grâce au succès de La Nuit du 12, et à l’ouverture d’esprit d’une nouvelle directrice de l’IGPN, j’ai eu l’opportunité assez inespérée de faire une immersion au sein de la délégation parisienne de l’IGPN. J’ai pu observer ces enquêtrices et enquêteurs au travail, échanger concrètement sur leurs méthodes, leurs motivations, et sur les difficultés qu’ils et elles rencontrent.

S’agit-il d’une affaire réelle ?

L’histoire racontée dans le film est inventée. Mais elle est nourrie de plusieurs affaires réelles, datant toutes de la même période, l’époque des premières manifestations de Gilets jaunes en décembre 2018. Je me suis documenté sur beaucoup de situations dramatiques impliquant des personnes blessées lors de ces manifestations. Ces fractures ne concernent pas que la France. Sous des formes diverses, on voit bien qu’elles touchent bien d’autres pays.

Comment avez-vous travaillé pour écrire un scénario à la fois très documenté et plein de suspens ?

Après la phase d’immersion et de documentation, j’ai partagé cette somme d’informations avec mon complice Gilles Marchand et nous avons tissé minutieusement une enquête avec son lot de tensions, de mystères et de rebondissements. Très tôt nous avons décidé que le récit serait mené du point de vue de Stéphanie, une femme policière qui auditionne des policiers hommes mis en cause dans une affaire de violence. Cela créait immédiatement une tension singulière.

Film policier, 4,2 étoiles AlloCiné.

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