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L'internet des objets, en savoir plus


L'internet des objets ou IdO (en anglais (the) Internet of Things ou IoT) est l'interconnexion entre l'internet et des objets, des lieux et des environnements physiques. L'appellation désigne un nombre croissant d'objets connectés à Internet permettant ainsi une communication entre nos biens dits physiques et leurs existences numériques. Ces formes de connexions permettent de rassembler de nouvelles masses de données sur le réseau et donc, de nouvelles connaissances et formes de savoirs.

l'internet des objets revêt un caractère universel pour désigner des objets connectés aux usages variés, dans le domaine de la e-santé, de la domotique ou du quantified self.

L'internet des objets est en partie responsable d'un accroissement exponentiel du volume de données généré sur le réseau, à l'origine du big data (ou mégadonnées en français). La croissance exponentielle du nombre d'objets connectés dans la première moitié des années 2020 risque d'avoir un impact durable sur l'environnement.

Selon une équipe de l'ETH de Zurich, du fait des smartphones puis du nombre croissant d'objets connectés, en dix ans (2015-2025), 150 milliards d'objets devraient se connecter entre eux, avec l'internet et avec plusieurs milliards de personnes. L'information issue de ces mégadonnées devra de plus en plus être filtrée par des algorithmes complexes, ce qui fait craindre une moindre protection des données personnelles, une information des personnes et de la société de moins en moins autodéterminée notamment en cas d'appropriation exclusive de filtres numériques par des entités (gouvernementales ou privées) qui pourraient alors manipuler les décisions. L'ETH plaide donc pour des systèmes d'information ouverts et transparents, fiables et contrôlés par l'utilisateur.

Histoire

L'internet des objets est apparu dans le cadre d'une tendance lourde, issue de la mécanisation et la standardisation, appliquée à l'automatisation du traitement du document et de l'information sur support matériel puis numérique (dont au service de la production et recherche documentaire). Apparu aux États-Unis dès 1982, il s'est rapidement diffusé avec la mondialisation, aboutissant à connecter des machines à des serveurs capables de les superviser (ces machines étant notamment des ordinateurs mis en réseau dans ce que certains ont nommé l'« Internet des machines »). Peu à peu des objets ont été modifiés (avec des puces RFID par exemple) ou conçus pour « parler le protocole IP », devenant des « objets connectés », reliés à des serveurs centralisés ou capables de communiquer entre eux ou avec des réseaux de serveurs et divers acteurs, d'une manière de moins en moins centralisée.

Ses enjeux diffèrent selon les pays ou les régions du monde, et selon les acteurs et « leurs intérêts parfois divergents ». Ce mouvement s'est accompagné d'une croissance et d'une complexification des systèmes de sécurité (pare-feux, mots de passe, etc.).

Il est parfois suggéré que l'objet deviendra un acteur autonome de l'internet, capable de percevoir, d'analyser et d'agir de lui-même selon les contextes ou les processus. Dans ce cas de figure, l'avènement de l'internet des objets s'associe à celui des technologies ou des méthodes de conception logicielle liées à l'intelligence artificielle et des sciences de la complexité. Le couple « objet physique » / « intelligence virtuelle associée », que cette dernière soit embarquée, distribuée ou hébergée dans le Cloud (cloud computing), y est alors mentionné sous l'appellation de « cyberobjet », ou encore « d'avatar digital », concept repris par la suite dans la notion de « Jumeau numérique ». Les cyberobjets sont des acteurs potentiels des chaînes de valeurs qui agissent sous le contrôle des opérationnels ou en partenariat avec eux. En accédant ainsi au statut d'assistants, de conseillers, de décideurs ou encore d'organisateurs (selon les cas), ils deviennent de véritables agents économiques et contribuent à la mutation des modèles économiques ou de gestion existants.

Deux enjeux récurrents sont la protection de la vie privée (« privacy ») et de la régulation d'une part et la gouvernance de cet Internet d'autre part, de plus en plus ubiquitaire et multiforme, quand il n'y a plus d'interface unique. En France, en 2015 et en 2016, le forum international IoT Planet s'est déroulé au mois de novembre à Grenoble afin de faire le point sur l'évolution technologique des objets connectés.

Définition

Une recommandation Présentation générale de l'Internet des objets (ITU-T Y.2060), juin 2012, § 3.2.2 Définition internationale (par l'Union internationale des télécommunications) définit l'Internet des objets comme une « infrastructure mondiale pour la société de l'information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets (physiques ou virtuels) grâce aux technologies de l'information et de la communication interopérables existantes ou en évolution ». Pour l'Union, en exploitant les capacités d'identification, de saisie de données, de traitement et de communication, l'IdO tire pleinement parti des objets pour offrir des services à toutes sortes d'applications, tout en garantissant le respect des exigences de sécurité et de confidentialité. Elle note enfin que, dans une optique plus large, l'IdO peut être considéré comme un concept ayant des répercussions sur les technologies et la société.

L'IdO est donc « un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d'identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d'identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s'y rattachant ».

D'autres définitions insistent sur les aspects techniques de l'IdO (« des objets ayant des identités et des personnalités virtuelles, opérant dans des espaces intelligents et utilisant des interfaces intelligentes pour se connecter et communiquer au sein de contextes d'usages variés »), d'autres portent sur les usages et les fonctionnalités (« la convergence des identifiants numériques ») notant qu'il devient possible d'identifier de manière unifiée des éléments d'information numérique (adresses) et des éléments physiques (une palette dans un entrepôt, ou un animal dans un troupeau).

Commercialisation et marché

L'explosion du nombre de smartphones et de connexions a créé un marché nouveau aux opportunités quasi-infinies : dans les années 2010, de nombreux rapports comme celui du cabinet McKinsey désignent ce marché comme l'une des principales sources de croissance. En 2016, 5,5 millions d'objets sont connectés chaque jour dans le monde. Un nombre qui pourrait rapidement atteindre des milliards, d'ici à 2020. Gartner prévoit en effet que 26 milliards d'objets seront installés en 2020, une augmentation importante par rapport aux 0,9 milliard d'unités de 2009. Selon une étude menée par le cabinet américain BCC Research, le marché mondial des capteurs IdO connaîtrait un taux de croissance annuel de 27,8 %. Cette étude estime que ce marché représentait 10,5 milliards de dollars en 2017 et qu'il pourrait atteindre 48 milliards de dollars d’ici 2023.

D'autres évaluations considèrent qu'un être humain serait en interaction avec 1 000 à 5 000 objets au cours d'une journée normale. À maturité, le marché des objets connectés pourrait s'établir entre quelques dizaines de milliards et jusqu'à plusieurs milliers de milliards d'unités.

Des entreprises comme IBM, Intel et Google entrent rapidement dans la « transition connectée », qui suppose de profondes transformations des méthodes de production et de management. En effet, la connexion permanente, malgré les facilités de communications qu'elle suppose, crée de nouveaux obstacles liés notamment à la sécurité des produits ; le risque de hacking en particulier contraint à des investissements non négligeables qui tendent à transformer la chaîne de production. Au-delà des opportunités offertes et de la transformation radicale de nos vies qu'entraîne la démocratisation de l'IdO, cette dernière se conjugue également à une réorientation de la chaîne de production de l'envergure de celle séparant taylorisme et toyotisme.

Texte sous licence CC BY-SA 3.0. Contributeurs, ici. Photo : Pixabay  - TheDigitalArtist.

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