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Age pivot : toujours à l’affût


Même si le premier ministre a confirmé que l’âge pivot était provisoirement retiré de son projet de loi sur les retraites, il reste néanmoins susceptible de réapparaître. En effet, le chef du gouvernement a invité les partenaires sociaux à proposer d’autres solutions pour équilibrer à court terme les comptes... avec cependant un périmètre d’action réduit. Pas question en effet de surenchérir le coût du travail ou de diminuer les pensions. A défaut d’accord d’ici avril 2020 sur de nouvelles idées, le gouvernement se laisse la possibilité de réintroduire l’âge pivot...

L’intérêt de l’âge pivot, selon le gouvernement

Il n’y a plus aujourd’hui qu’1,7 actif pour 1 retraité, alors que le ratio était de 4 pour 1 en 1950. Ce ratio actifs /retraités va continuer à baisser, sous l’effet du « papy-boom » et de l’augmentation de l’espérance de vie. Il est impératif de préserver un équilibre entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités pour rendre notre système par répartition soutenable et viable pour les générations futures ;

Il est donc nécessaire, selon le gouvernement, de maintenir une incitation à partir plus tard que 62 ans.

Le Gouvernement souhaite préserver le niveau de vie des actifs (en n’augmentant pas leurs cotisations) et celui des retraités (en ne baissant pas leurs pensions) : il faudra donc travailler un peu plus tard. C’est d’ailleurs ce qui se fait partout ailleurs en Europe et dans le monde ; en moyenne dans les pays de l’OCDE, on part deux ans plus tard à la retraite qu’en France.

Le mécanisme d’incitation à retarder sa retraite doit toutefois prendre en compte la réalité des métiers et des carrières des Français : la pénibilité, l’entrée précoce sur le marché du travail, etc.

Le système fonctionne aujourd’hui avec un âge minimal fixé à 62 ans, et un « taux plein », fonction du nombre de trimestres cotisés. Les personnes à qui il manque des trimestres doivent attendre 67 ans, soit l’âge d’annulation de la décote, pour percevoir leur retraite : cela concerne 20% des femmes. Le système qui a été mis en place pour inciter les gens à partir plus tard se révèle donc très injuste pour les personnes ayant des carrières heurtées.

Les enjeux du gouvernement

Comme le président de la République s’y est engagé durant la campagne présidentielle, l’âge minimal de départ à la retraite à 62 ans sera maintenu. L’âge légal ne bougera donc pas. C’est un principe de liberté qui laisse à chacun la possibilité de partir à la retraite si son parcours de vie le lui permet.

Comme le recommandait le rapport de M. Jean-Paul Delevoye en juillet 2019, le Gouvernement mettra en place un âge d’équilibre, assorti d’un malus et d’un bonus.

Afin de ne plus pénaliser les Français ayant des carrières heurtées ou hachées, l’âge d’annulation de la décote, aujourd’hui fixé à 67 ans, sera progressivement abaissé puis supprimé. Cela représentera à terme un gain de 2 à 3 années pour les Français précaires, parmi lesquels les femmes sont surreprésentées.

Enfin, les Français ayant commencé à travailler tôt pourront continuer à partir deux ans plus tôt, de même que les Français ayant exercé des fonctions pénibles sur le plan physique.

L’âge pivot (ou âge d’équilibre) : ce qu’il sera s’il est réintroduit par le gouvernement

La loi fixera à compter du 1er janvier 2022 un âge d’équilibre à 62 ans et 4 mois, qui augmentera ensuite de 4 mois par an pour rejoindre progressivement l’âge d’équilibre du futur système, soit 64 ans en 2027.

Ainsi les Français nés à partir de 1960 verront l’âge de leur retraite à taux plein s’éloigner de 4 mois par an.

Les Français auront cependant toujours la liberté de partir à partir de 62 ans ; s’ils partent avant l’âge d’équilibre, leur pension subira un malus ; s’ils partent après, elle bénéficiera d’un bonus.

Les partenaires sociaux fixeront l’évolution de l’âge d’équilibre, ainsi que le montant du malus et du bonus ; à défaut, le bonus et le malus seront de 5% par an afin d’assurer la neutralité actuarielle du système (c’est-à-dire le niveau de malus et de bonus qui traduit, dans le montant de la pension, le coût pour le régime lié à un départ anticipé ou le gain lié à un départ tardif).

Le dispositif « carrières longues » sera maintenu pour permettre à ceux qui ont validé 5 trimestres avant 20 ans, de partir deux ans plus tôt.

Photo : Pixabay - Peggy und Marco Lachmann-Anke.

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