Une fleur de mai…Une fleur Taureau : l’Aubépine…

... Que l’on nomme aussi « poire d’oiseaux », « épine blanche », ou encore « bois de mai », « sennellier », et en Camargue « perrette ».

 

« Aubépine » est un mot féminin : on dit « une aubépine », qui vient du nom du latin « alba spina », « épine blanche », en raison de sa fleur blanche, du type de la rose, et des épines à la base. Son origine est européenne. Cependant, cette espèce est menacée de disparition en Europe, du fait d'une maladie appelée « feu bactérien » qui jaunit les feuilles. Une des plus vieilles aubépines de France est estimée millénaire. Elle se situe à Saint-Mars-sur-la-Futaie, dans le département de la Mayenne (53). Elle a une hauteur de 9 mètres.

Dans la mythologie romaine, l'aubépine était dédiée à Maïa, mère de Mercure (Hermès), fêtée en Mai. Mai était le mois de Maïa. Et en général, c'est en mai que fleurissent les aubépines. Mai est devenu le mois de Marie, la Vierge, par identification. Mai est le mois du renouveau.

Poètes et romanciers ont célébré l’aubépine qui forme des haies « comme une suite de chapelles qui disparaissent sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoirs » (Marcel Proust). En fait, d’un bout de l’Europe à l’autre, l’aubépine, « Crataegus oxyacantha », au bois dur et aux aiguillons courts mais piquants, est la plante protectrice des jeunes filles et des jeunes mariés.

A Athènes, dans l’Antiquité, chaque convive portait pour le repas de noces une branche d’aubépine, gage du bonheur et de la prospérité du jeune couple. A Rome, le marié conduisait la jeune femme dans la chambre nuptiale en agitant un rameau d’aubépine. L’importance de la plante dans les rites fut une tradition conservée très longtemps sous forme de flambeaux éclairant la chambre nuptiale tandis que l’on attachait ses branches au berceau des nouveaux-nés pour les mettre à l’abri des maladies et des influences maléfiques.

L’aubépine est présente sous un aspect différent dans les traditions religieuses du Proche-Orient : le célèbre buisson ardent, « Crataegus pyracantha », près duquel Moïse eut son premier entretien avec Dieu sur le Mont Horeb, est de la même famille ; et, suivant les croyances chrétiennes, la couronne de la Passion était faite de branches d’aubépine.

 
Le buisson ardent de Moïse sur le Mont Horeb

Pendant le Moyen Age, l’aubépine a la réputation d’accroître la fidélité dans tous les domaines, de conserver la chasteté et de prolonger le célibat, vertus mises à l’épreuve par les longues absences des chevaliers partant pour de lointaines expéditions, puis pour les croisades. Avant leur départ, ils offraient à leurs dames des rameaux d’aubépine fleurie liés d’un ruban incarnat pour signifier l’espoir des retrouvailles et la pérennité de leur amour dans la chasteté. Même de nos jours, on croit ferme dans les campagnes que si l’on glisse un fagot d’aubépine sous le lit d’une femme, elle refusera les propositions de l’amant le plus habile.

Dans plusieurs régions d’Europe, on tresse des couronnes d’aubépine à l’intention des fées et des anges qui, au mois de mai, par les nuits de pleine lune, viennent danser autour de cet arbuste. On espère ainsi s’attirer leurs faveurs en échange de couronnes parfumées. De ses vertus magiques il n’en reste des traces qu’en Kabylie seulement, où les femmes croient que cette aubépine apaise les crises d’autorité du mari et lui adressent l’invocation suivante : « Les hommes t’ont appelée ‘‘aubépine ’’, moi je l’appelle ‘’le caïd qui commande’’ ; fais que mon mari ne me batte plus et change-le en âne à qui je ferai porter la paille... ».

Toutefois, en Normandie, aujourd’hui encore, on affirme que la foudre épargne l’aubépine, ou la maison qui en est ornée, car la foudre est l’oeuvre du Diable et qu’elle ne peut frapper une plante qui a touché le front du fils de Dieu, croyance partagée par la Bretagne pour qui elle est l’arbre des sorcières et qui la complète par une vénération particulière pour le rouge-gorge, car dit-on, c’est en cassant avec son bec une épine de la couronne de Jésus qu’un peu de sang a taché sa poitrine.

L’aubépine fait partie de la famille des rosacées. C’est un arbrisseau épineux  poussant dans les buissons, les bois, les haies. On la trouve dans toute l’Europe, ainsi qu’en Afrique du Nord. En France, elle est très répandue.

 

Si l’on passe maintenant aux propriétés thérapeutiques de l’aubépine, on constate qu’elles rivalisent avec ses pouvoirs magiques. Les Anciens l’utilisaient contre la goutte, la pleurésie. La science moderne a confirmé que ses composants chimiques sont effectivement antispasmodiques, calmants, diurétiques et surtout contituent un remarquable régulateur de la tension artérielle en même temps qu’un précieux toni-cardiaque ayant d’excellents effets sédatifs sur le système cardio-vasculaire, dont les palpitations, l’angine de poitrine, les troubles circulatoires consécutifs, ou non, à la ménopause. D’ailleurs, bien avant qu’elle n’entre dans la pharmacopée classique, bien qu’elle existait déjà en homéopathie sous le nom de « crataegus oxyacantha », on avait qualifié l’aubépine de « valériane du coeur »,

Sur le plan médical, l’aubépine est souveraine contre les palpitations, l’hypertension, les vertiges, les insomnies, les angoisses. Antispasmodique et calmante, la plante, utilisée comme panacée des troubles de la cinquantaine, est bénéfique aux hommes comme aux femmes. On peut aussi l’utiliser en gargarisme en cas d’angine, ou encore pour les soins du visage en cas de rougeurs et de couperose, en lotion ou en compresse : pour ½ litre d’eau, 20 grammes de fleurs et de fruits, laisser bouillir trois minutes.

Bibliographie :Fêtes et croyances populaires en Europe - Yvonne de Sike - Editions Bordas
                     Nos grand-mères savaient - Jean Palaiseul - Editions Robert Laffont.
                    
Photo du Macaron : « Petit Rouge-Gorge de Bretagne » www.lesecritsdumacaron.hautetfort.com

www.sylvie-tribut-astrologue.fr

 


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