Hamap-Humanitaire : un nouveau projet pour faciliter l’accès à l’eau potable à Madagascar

Situés dans la région de Toliara, au Sud Ouest de Madagascar, ce projet de réalisation d'un réseau d'eau par pompage solaire dans trois villages de la commune rurale d'Ambohimahavelona et du Fokontany d’Ambiky est né d'un partenariat solide entre plusieurs acteurs : les ONG locales Tafita Soa et Tamafa, Experts Solidaires comme partenaire technique et l'ONG Hamap-Humanitaire pour la coordination et le suivi du projet...

Ces villages sont situés à proximité du fleuve Onilahy dont le débit reste stable tout au long de l’année. L'eau courante ne manque pas, elle est canalisée par la population pour irriguer les champs, abreuver les animaux domestiques et pour l'utilisation quotidienne des habitants. Le problème étant que cette eau n'est pas potable et le taux de maladies hydriques contractées par la population est très élevé.

Ce projet a été lancé en 2015 et consistait à réaliser un système de pompage de l’eau par un forage dans la nappe phréatique pour l’un des villages et mettre en place un captage au niveau d’une source pour l’autre. Des réservoirs ont ensuite été construits sur les hauteurs de la zone d'intervention pour stocker l'eau pompée par énergie solaire (n'ayant aucune alimentation électrique dans les villages touchés par le projet). L'eau est ensuite acheminée par des canalisations enterrées jusqu’à des kiosques de distribution d’eau installés dans les villages pour que la population puisse s'alimenter en eau potable.

La population concernée par le projet est de 3100 habitants pour la commune d’Ambohimahavelona et de 850 habitants pour le fokontany d’Ambiky, avec des prévisions de croissance significatives.

Des mesures de pérennisation du projet
Une campagne de sensibilisation avait été préalablement effectuée auprès de la population des villages touchés par le projet, par les deux ONG partenaires locales : TAMAFA et TAFITA SOA. Cette action portait sur le bon usage de l’eau et son utilisation raisonnée, et sur l’amélioration des conditions d’hygiène de vie principalement dans le domaine alimentaire afin que les habitants puissent s'approprier le projet, gage de sa pérennité. En effet, une enquête avait été menée initialement pour déterminer le pourcentage de la population prête à payer l’eau fournie afin d'obtenir un budget pour l'entretien du système dans le temps. Hormis un village où le taux n’était que de 52%, les autres résultats étaient de 92%, voire 100%. Des comités de gestion villageois ont été formés pour assurer la pérennité du système de distribution d'eau. Ces derniers sont garants de l'ouverture et de la fermeture des bornes fontaines, du paiement de la consommation d'eau par la population (l’eau est vendue aux villageois pour une somme de 2,5 Ariarys le litre) et de l'entretien de ces dernières. 

Le caractère innovant de ce projet repose sur deux aspects. Premièrement, l'utilisation de l'énergie solaire pour assurer le fonctionnement du système de distribution d'eau dans les villages.

 Et enfin, sur le choix de mener le projet avec le dispositif STEFI (Suivi Technique Et Financier). En effet, le choix concerté de la gestion des installations par un délégataire privé a été fait à la demande des populations locales et de leurs représentants, conseillés par le STEFI. Cet organisme, rattaché à la Direction Régionale de l’Eau, s’assure de la bonne prise en compte des ouvrages de livraison d’eau par la société délégataire. Il choisit celle-ci après un appel d’offres lancé auprès de sociétés compétentes. Il vérifie ensuite le bon fonctionnement des installations et le bon usage visant à les préserver des dégradations possibles. Il appuie les campagnes de sensibilisation menées parallèlement pour éviter les dérives d’une consommation excessive, ou, au contraire, au refus d’utiliser ce nouveau mode onéreux d’accès à l’eau.

Dans le cas présent, l’appel d’offres, limitant l’exploitation dans le temps, est lancé en regroupant la gestion de plusieurs installations. Ce dispositif permet d'impliquer d'avantage les acteurs locaux dans la gestion et la pérennisation du projet, et dans le fonds de renforcer leurs capacités. La seule limite a laquelle il faut veiller dans le cadre du projet par rapport à la mise en place de cette méthode est le cout important dont elle a besoin pour assurer l'entretien. En effet, le salaire du gestionnaire responsable du réseau augmente le budget. C'est pour cela qu'il est fondamental que ce choix soit fait par la population, laquelle finance indirectement ce dispositif par sa contribution à la consommation d'eau.

Suite du projet
Fort de cette expérience, l'ONG Hamap-Humanitaire a été contactée par d'autres associations pour répliquer ce projet à Tanandava dans une zone proche.

Si vous n’avez pas lu les articles précédents, vous pouvez les retrouver sur le site de HaOui en cliquant ici, http://www.haoui.com/recherche-haoui-articles.php?recherchearticles=hamap. Vous pouvez également découvrir le site www.hamap-humanitaire.org pour vous inscrire, prendre connaissance des projets mis en œuvre et soutenir l'ONG Hamap-Humanitaire. 

http://hamap-humanitaire.org


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